Séfor 2004

Libreville, Gabon
  Détails à propos du séminaire de formation 2004

Le rapport final est dans la partie Documents du Club


Introduction  

Chaque année, le Cirtef propose à ses membres, radios et télévisions publiques, de se réunir pendant quelques jours pour s’informer, partager des expériences, développer une réflexion autour d’un thème particulier. C’est le SEFOR.

Il s’agit de contribuer à l’évolution de nos médias publics, avec l’intention modeste mais réelle, de renforcer leur rôle dans les sociétés et les communautés qu’ils sont appelés à servir.

Cette année, ces trois jours de réflexion qui constituent le traditionnel « Séfor » seront consacrés à l’audience et aux enjeux qui y sont liés.

Thèmatique  

Les Radios-Télévisions de Service Public et l’audience.

  • Pourquoi s’attacher aux questions d’audience plus particulièrement cette année ?

Même s’il s’agit d’une préoccupation permanente pour nos radios et nos télévisions, il nous est apparu qu’elle devenait un point central de l’articulation des médias publics.

L’audience est une nécessité : sans téléspectateurs et sans auditeurs en nombre suffisant, quelle est encore la légitimité d’un média public ? Sa fonction « d’espace public » perdrait son sens s’il n’était plus un espace de référence pour les citoyens qui l’utilisent.

  • Mais l’audience doit-elle se conquérir à tout prix ?

Nous assistons aujourd’hui à des évolutions de programmation qui montrent que la préoccupation principale devient la recherche systématique du plus grand nombre d’auditeurs et de téléspectateurs. Le programme privilégié n’est plus celui qui offre une qualité dans l’information, le divertissement ou la culture (au sens le plus large) mais celui qui remplit le mieux l’objectif d’efficacité d’audience.

C’est le divertissement qui s’est installé comme référence et dans les tendances qui prévalent depuis quelques saisons, ce qui touche à la « télé-réalité » prime sur toute autre recette. Nous voyons aussi que le divertissement contamine aujourd’hui les autres genres et l’information n’y échappe pas : les fonctions se mélangent, le divertissement entre dans l’information, l’information, voire le politique, dans les magazines de divertissement et les médias publics n’échappent pas à cette tendance.
La pression de la concurrence privée est forte et forte aussi la tentation de suivre ses schémas de programmation.

Le financement mixte des radios télévisions, là où il existe, tend à renforcer la tendance. La diffusion de publicité génère une approche segmentée du public, qu’il faut accumuler d’heure en heure et capter au détriment de la concurrence pour valoriser ses propres espaces. Quoi qu’on s’en défende, les grilles et les programmes doivent bien tenir compte de l’approche commerciale et du marketing qu’on tend à présenter comme une incontournable loi. Une loi qui, si on n’y prend garde, transformerait vite le téléspectateur-citoyen en téléspectateur-consommateur.

  • Même si le phénomène semble à première vue, toucher surtout la télévision, on doit remarquer que la radio vit une évolution similaire : les formats des radios changent. Dans les pays du Sud notamment, la concurrence qui s’est installée quelquefois sans aucune norme, a multiplié les radios « de flux », où le téléphone est le vecteur principal d’une parole débridée et que personne ne pondère. Est-ce cela la liberté ?

Comment résoudre cette tension voire cette contradiction entre une tendance générale qui, au nom de l’audience, court au spectacle à tout prix, quelquefois le plus vil, et notre nature de service public, ce que nous appelons nos « missions traditionnelles» d’information, d’éducation et de divertissement ?

C’est une des questions phares que nous voudrions travailler au cours du prochain SEFOR, sans nous attacher à une vision passée ou à la nostalgie des monopoles mais en tentant de comprendre mieux ce que nous vivons aujourd’hui pour construire une approche originale qui puisse s’intégrer dans l’évolution actuelle des médias.

  • Notre proposition de travail s’organisera autour de plusieurs axes :

les grilles : comment les construisons-nous, au Sud comme au Nord ? analyse et débat,
l’audience, analyse et stratégie,
la concurrence et la proximité,
le divertissement en télévision, en radio, l’évolution des formats de flux et de contenu,
l’information, dans une approche éthique,
les programmes d’éducation,
les objectifs de professionnalisme et la formation,
la régulation de l’espace médiatique et les cahiers de charge.

  • Chacun de ces thèmes se travaillera dans les trois ateliers : « Stratégie », « Contenu » et «Etudes et prospectives ».

A côté de ces ateliers, le SEFOR proposera comme chaque année mais dans une formule revue, un marché d’échange de programmes et accueillera une dizaine d’exposants présentant des outils et systèmes de production nouveaux.

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