RADIO-PROGRAMME DE PARTICIPATION DE L’UNESCO – BENIN

Une série radio sur les violences faites aux femmes : un vrai défi et une belle aventure humaine !

 

Comment parler des violences faites aux femmes en radio sans paraître défaitiste mais plutôt en exposant clairement les réalités des femmes du Sud et du Nord, en valorisant les actions individuelles ou collectives faites en faveur des Droits des femmes et faisant entendre ces « voix féminines », voix de victimes ou de combattantes : c’est tout le défi que se sont lancés le CIRTEF, l’Unesco et Outremer 1ère (de France Télévisions)

Chapitre2 : Le Bénin

Du 19 au 27 septembre, direction le Bénin. Anne Bonneau y a rencontré Claudine Atohoun, adjointe au Directeur des programmes à l’ORTB et sa jeune collègue journaliste Mirabelle Akpaki. Ensemble elles ont travaillé sur des sujets sensibles comme « les inégalités dans l’accès aux soins de santé pour les femmes », « Le lévirat » et « La place des femmes homosexuelles dans la société ».

Les sujets étaient délicats à traiter, les intervenants difficiles à rencontrer. Anne Bonneau en dit :

« Nous avons beaucoup échangé autour de l’approche de communautés pouvant être sur la défensive : les homosexuelles ont eu de sérieux déboires avec une presse qui leur marque une réelle hostilité ; les femmes se soumettant au lévirat savent que leur situation est précaire, et pour le sujet de l’accès aux soins, nous souhaitions des témoignages touchant souvent l’intimité des femmes et leur sentiment sur leur condition. Nous avons pu mettre en place les situations nécessaires pour les amener à se confier. Des témoignages qui ont tiré des larmes à notre jeune collègue Mirabelle !

Il faut ajouter à cela que les communautés rurales vivant dans une grande pauvreté placent d’énormes espoirs dans la venue d’étrangers à leur milieu.

La prise de conscience de l’attitude, de l’espace, du langage- des mots employés comme du langage corporel- ont été évoqués. La gestion de nos émotions, de l’empathie, de l’écoute et de l’esprit critique ont également été dans le vif des discussions suivant ces entretiens avec les communautés rurales défavorisées. »

L’échange s’est porté aussi sur les méthodes de travail et une autre approche de la réalisation radio :

« Un peu en retrait au commencement, Mirabelle a tenu à prendre l’enregistreur et le micro après quelques jours, et s’est réjouie de cette expérience : lui prend alors l’envie de proposer une série de documentaires dans les villages reculés, sur la vie des femmes ! Je suis ravie qu’elle prenne goût à l’enregistrement des ambiances et que toutes deux prennent conscience de ce que cela peut apporter dans la narration.

Volontairement je fais enregistrer beaucoup d’ambiances et laisse déborder les interviews, afin qu’elles réalisent l’importance de ces moments ‘hors cadre’, et du naturel que cela peut apporter à leur émissions : oui, les rires, les cris d’enfants, les soupirs font partie de ce que l’on PEUT enregistrer et exploiter au montage ! Et qui apportent de la vie ! »